Maroc: la FIJ demande l'abandon des poursuite en diffamation contre le président du SNPM

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06 décembre 2016

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) se joint à son affilié le Syndicat National de la Presse Marocaine (SNPM) pour demander l'annulation du procès en diffamation à l'encontre du Président du SNPM.

Abdallah Bakkali, président du SNPM, vice-président de la Fédération des journalistes arabes, et directeur de publication du quotidien marocain d'opposition Al Alam, est poursuivi en diffamation devant le tribunal de première instance de Rabat dont le procès se tient demain. Le Ministère de l'intérieur marocain l'accuse d'avoir publié un article dans son journal du 9 octobre 2015 et d'avoir fait des déclarations sur le site Alyaoum 24 à propos de la corruption électorale qui aurait gangréné les dernières élections communales, régionales et celles de la deuxième chambre du parlement. La corruption avait également été dénoncée par le chef du gouvernement et certains ministres.

Le procès est en cours devant le tribunal de Rabat, malgré les irrégularité constatées par la défense de Bakkali quant à la présentation des preuves dans les délais, le défaut d'agir du ministre de l'intérieur, le défaut de base légale concernant la poursuite.

Younes Mjahed, secrétaire général national du SNPM et également premier vice-président de la FIJ, a déclaré: "Il faut mettre fin à ce procès politique, Bakkali n'a publié que ce que d'autres politiciens ont réitéré, et que la plupart des médias ont répété. La défense du président du SNPM a constaté que les bases procédurales et légales de cette poursuites sont nulles, ce qui met en doute les vrais motifs de ce procès et lui donne un aspect de règlement de compte politique contre le journal Al Alam".

Philippe Leruth, président de la FIJ, exige l'abandon immédiat des charges pesant sur le journaliste. "Abdallah Bakkali a dénoncé des faits de corruption avérés. Dire la vérité est l'un des principes fondamentaux du journalisme. Il doit être protégé à tout prix dans un pays qui se targue de respecter les valeurs démocratiques. Nous enjoignons le gouvernement marocain et les autorités judiciaires à respecter la liberté de la presse et à relâcher immédiatement notre collègue. Nous demandons également la dépénalisation de la diffamation au Maroc".

 

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